SOPK: Guide pratique sur le syndrome des ovaires polykystiques pour les adolescentes

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PCOS iconsLe SOPK est un problème fréquent chez les adolescentes et les jeunes femmes. En fait, environ une femme sur dix est atteinte du SOPK. Ce guide pratique a été conçu pour aider à comprendre le SOPK en répondant à la majorité des questions les plus fréquentes à son sujet.

Qu’est-ce que le SOPK ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un désordre hormonal qui peut causer des menstruations irrégulières, une pilosité accrue et l’acné. Le SOPK apparaît au cours de l’adolescence et peut être léger ou grave.

Quels sont les symptômes du SOPK ?

Les adolescentes et les jeunes femmes atteintes du SOPK présentent souvent plus d’un symptôme. Voici certains des symptômes les plus fréquents : menstruations irrégulières survenant aux deux ou trois mois, pas du tout ou trop fréquemment ; pilosité excessive sur le visage ou d’autres parties du corps, appelée hirsutisme ;
acné ; gain pondéral et(ou) difficulté à perdre du poids ; brunissement de la peau sur la face arrière du cou et en d’autres endroits pour former des plaques appelées acanthosis nigricans.

Ai-je le SOPK ?

Si vous présentez certains ou l’ensemble des symptômes ci-dessus, vous êtes peut-être atteinte du SOPK. D’autres raisons peuvent expliquer la présence de l’un ou de plusieurs de ces symptômes, mais seul un professionnel de la santé pourra confirmer le diagnostic. Si vous avez le SOPK, vous voudrez en connaître les causes et la façon de le traiter.

Qu’est-ce qui cause le SOPK ?

Le SOPK est causé par un déséquilibre hormonal (les hormones sont des messagers chimiques) du cerveau et des ovaires. Le SOPK survient habituellement lorsque le taux d’une hormone appelée LH (de l’hypophyse) ou le taux d’insuline (du pancréas) sont trop élevés, ce qui incite l’ovaire à produire trop de testostérone.

  1. L’hypophyse dans le cerveau produit l’hormone lutéinisante (LH) et l’hormone folliculostimulante (FSH).
  2. À l’obtention du signal des hormones LH et FSH, les ovaires produisent de l’oestrogène et de la progestérone, les hormones sexuelles femelles.
  3. Tous les ovaires sains fabriquent également une petite quantité de testostérone androgène, une hormone sexuelle mâle. Le pancréas est l’organe qui fabrique l’insuline. Des taux élevés d’insuline peuvent également inciter les ovaires à produire davantage de testostérone.

Pourquoi mes menstruations sont-elles irrégulières ?

La présence du SOPK fait en sorte que les ovaires ne reçoivent pas les bons signaux hormonaux de l’hypophyse. Sans ces signaux, vous n’aurez pas d’ovulation (production d’ovules). Il est possible que vos menstruations soient irrégulières ou complètement absentes.

Étudions donc un cycle menstruel normal.

  1. Le cycle menstruel commence au moment où le cerveau envoie de la LH et de la FSH aux ovaires. Une brusque augmentation de la LH est le signal qui indique aux ovaires d’ovuler, c’est-à-dire de libérer un ovule.
  2. L’ovule descend dans la trompe de Fallope jusque dans l’utérus. La progestérone produite par l’ovaire dit à la paroi de l’utérus de s’épaissir.
  3. Si l’ovule n’est pas fécondé, la paroi de l’utérus se décolle. C’est le début de la période menstruelle.
  4. À la fin de la période menstruelle, le cycle recommence.

Le diagramme du haut montre un cycle menstruel régulier et celui du bas, un cycle avec SOPK sans ovulation. Les jeunes filles atteintes du SOPK peuvent ovuler à l’occasion ou pas du tout, de sorte que les menstruations peuvent être trop rapprochées ou, plus fréquemment, trop éloignées les unes des autres. Certaines filles n’ont pas de menstruations.

Voyons maintenant ce qui se produit pendant un cycle menstruel en présence du SOPK.

  1. Avec le SOPK, le taux de LH est souvent élevé au début du cycle menstruel. Le taux de LH est également plus élevé que le taux de FSH.
  2. Puisque le taux de LH est déjà élevé, il n’y a pas de poussée de LH. Sans cette poussée de LH, l’ovulation ne survient pas et les menstruations sont irrégulières.

Quel type de tests demandera mon professionnel de la santé pour diagnostiquer le SOPK ?

Votre professionnel de la santé vous posera beaucoup de questions sur votre cycle menstruel et votre état de santé en général, puis procédera à un examen physique complet. Vous aurez probablement à subir une analyse sanguine pour vérifier les taux d’hormones, la glycémie et les lipides (y compris le cholestérol). Votre professionnel de la santé pourrait aussi demander une échographie. Il s’agit d’un examen qui utilise les ondes sonores pour prendre une photo de vos organes reproducteurs (ovaires et utérus) et de votre vessie (là où est emmagasinée l’urine). Chez les filles atteintes du SOPK, les ovaires sont parfois légèrement plus gros (souvent >10 cm3 de volume) et présentent de nombreux petits kystes.

Est-ce que le fait d’avoir le SOPK signifie qu’il y a des kystes sur mes ovaires ?

Le terme « ovaires polykystiques » signifie que l’on trouve de nombreux petits kystes, ou bosses, à l’intérieur des ovaires. Certaines jeunes femmes atteintes du SOPK présentent plusieurs de ces kystes ; d’autres n’en auront que quelques-uns. Même si vous en avez beaucoup, ils ne posent pas de danger et n’ont pas à être enlevés.

Pourquoi ai-je de l’acné et(ou) une pilosité excessive ?

L’acné et la pilosité excessive peuvent apparaître lorsque le corps fabrique trop de testostérone. Toutes les femmes fabriquent de la testostérone, mais en présence du SOPK, les ovaires en fabriquent plus que la normale. Les cellules cutanées et les follicules pileux peuvent être très sensibles aux augmentations, même minimes, de testostérone chez les jeunes femmes atteintes du SOPK.

Pourquoi ma peau présente-t-elle des plaques brunes ?

Bon nombre d’adolescentes atteintes du SOPK ont un taux d’insuline plus élevé. Lorsque le pancréas produit davantage d’insuline, des plaques brunâtres peuvent apparaître derrière le cou, aux aisselles et à l’aine (intérieur des cuisses).

Le SOPK aura-t-il une incidence sur ma capacité à avoir des enfants un jour ?

Les femmes atteintes du SOPK ont un utérus et des ovules sains. Bon nombre de femmes atteintes du SOPK ont de la difficulté à tomber enceintes, alors que d’autres y arrivent. Si vous êtes inquiète à propos de votre fertilité (capacité de tomber enceinte), informez-vous auprès de votre professionnel de la santé au sujet des nouvelles options offertes, y compris les médicaments qui permettent de réduire le taux d’insuline pour aider à l’ovulation chaque mois.

Que puis-je faire si j’ai le SOPK ?

La première étape du traitement du SOPK est l’adoption d’un mode de vie sain, avec une bonne alimentation et de l’exercice quotidien. On trouve également d’excellents médicaments pour aider à gérer les menstruations irrégulières, la pilosité excessive et l’acné. Informez-vous des diverses options offertes auprès de votre professionnel de la santé.

Comment traite-t-on le SOPK ?

La forme de traitement la plus courante pour le SOPK est le contraceptif oral ; cependant, d’autres traitements hormonaux incluent « l’anneau vaginal » et le « timbre contraceptif ». Même si vous n’êtes pas sexuellement active, votre professionnel de la santé pourra prescrire les contraceptifs oraux parce qu’ils contiennent les hormones dont votre corps a besoin pour traiter le SOPK. En prenant un contraceptif oral de façon continue ou par cycles, vous arriverez à :

  • corriger le déséquilibre hormonal ;
  • abaisser le taux de testostérone (ce qui réduira l’acné et la pilosité) ;
  • régulariser vos périodes menstruelles ;
  • réduire le risque de cancer de l’endomètre (qui est légèrement plus élevé chez les jeunes femmes qui n’ovulent pas régulièrement) ;
  • prévenir une grossesse non planifiée si vous êtes active sexuellement.

Y a-t-il d’autres médicaments pour traiter le SOPK ?

Un médicament appelé metformine aide le corps à abaisser son taux d’insuline. Il est particulièrement efficace en présence d’un taux d’insuline élevé, de prédiabète ou de diabète. Certaines filles sont traitées à la fois avec la metformine et des contraceptifs oraux.

Informez-vous auprès de votre professionnel de la santé pour savoir comment traiter une pilosité excessive. Seuls vous et votre professionnel de la santé saurez choisir le traitement qui convient dans votre situation. Parmi les options offertes, il y a le blanchiment, la cire, les dépilatoires, la spironolactone, l’électrolyse et le traitement au laser. La spironolactone est un médicament sur ordonnance qui peut réduire la pousse des poils et les rendre plus pâles et plus fins. Cependant, de 6 à 8 mois peuvent être nécessaires avant de constater une amélioration.

Informez-vous des diverses options offertes pour le traitement de l’acné auprès de votre professionnel de la santé. Il y a de nombreuses façons de traiter l’acné, dont les contraceptifs oraux, les crèmes topiques, les antibiotiques par voie orale et d’autres médicaments.

Si vous avez un surplus de poids, informez-vous auprès de votre professionnel de la santé au sujet d’un programme d’amaigrissement. Si vous présentez un surplus pondéral, le fait de perdre du poids peut aider à réduire certains des symptômes du SOPK. Parlez à votre professionnel de la santé ou à un spécialiste en nutrition pour connaître des moyens simples de perdre du poids, notamment en faisant plus d’exercice et en suivant un régime alimentaire qui permet de mieux gérer le taux d’insuline. Une alimentation saine peut aussi vous aider à garder un coeur en santé et à réduire les risques de diabète.

Conseils sur la gestion du poids :

  • choisissez des aliments nutritifs et riches en fibres et en glucides plutôt que des aliments contenant du sucre et des glucides raffinés ;
  • assurez un équilibre entre les glucides, les protéines et les bons gras ;
  • prenez de petits repas et des collations répartis pendant la journée plutôt que de gros repas ;
  • faites de l’exercice régulièrement pour mieux gérer votre taux d’insuline et votre poids.

Que puis-je faire si je suis préoccupée par le SOPK ?

D’une part, si vous avez reçu un diagnostic de SOPK, vous pouvez ressentir de la frustration ou de la tristesse. Par ailleurs, vous vous sentez peut-être soulagée de savoir qu’il y a une raison et un traitement à vos problèmes de santé, surtout si vous avez de la difficulté à gérer votre poids ou présentez une pilosité excessive, de l’acné ou si vos menstruations sont irrégulières. Il est parfois difficile de recevoir un diagnostic qui n’offre pas de possibilité de guérison facile. Cependant, il importe que les jeunes filles atteintes du SOPK sachent qu’elles ne sont pas seules. Elles doivent aussi chercher un professionnel de la santé qui connaît bien le SOPK et avec qui elles se sentent à l’aise de parler. Il faut garder une attitude positive et adopter un mode de vie sain, même si les résultats ne se font pas voir avant un bon moment. Bon nombre de filles atteintes du SOPK disent que le fait de parler à un conseiller peut être très utile. D’autres filles recommandent le clavardage. Le site Center for Young Women’s Health offre une séance de clavardage mensuelle aux filles et aux jeunes femmes atteintes du syndrome du SOPK.

Que dois-je savoir d’autre ?

Il importe d’avoir un suivi régulier avec un professionnel de la santé et de prendre tous les médicaments prescrits pour régulariser les menstruations et réduire les risques de diabète ou d’autres problèmes de santé. Le fait d’arrêter de fumer (ou de ne jamais commencer) est excellent pour la santé en général. Puisque vous présentez un risque légèrement plus élevé d’avoir le diabète, votre professionnel de la santé pourra suggérer ce qui suit :

  • test de glycémie une fois par année ;
  • test d’HbA1c (permet d’indiquer le taux de glycémie au cours des deux ou trois derniers mois) une fois par année ;
  • test de tolérance au glucose tous les deux ou trois ans.

En vous renseignant sur le SOPK, vous en apprendrez davantage sur les bienfaits d’une bonne alimentation et d’une vie active. Adopter un mode de vie sain est la première étape pour apprendre à bien vivre avec le SOPK !

Dix conseils de base à propos du SOPK

  1. Mangez de façon équilibrée. Votre corps a besoin de glucides, de protéines et de lipides (matières grasses).
  2. Choisissez des aliments contenant des glucides qui sont riches en fibres et pauvres en sucre.
  3. Faites amplement provision de fruits et de légumes. Ils sont riches en fibres et en vitamines et minéraux.
  4. Assurez un équilibre entre les glucides, les protéines et les bons lipides.
  5. Surveillez vos portions lorsque vous mangez des aliments hyper-glucidiques (surtout s’ils contiennent peu de fibres).
  6. Prenez de petits repas et des collations saines répartis pendant la journée plutôt que trois gros repas.
  7. N’oubliez pas de faire de l’exercice ! Même si la saine alimentation est importante, elle n’est pas suffisante. Vous devez aussi faire de l’exercice régulièrement. Faire de l’exercice ou en faire plus que ce que vous faites déjà vous aidera à mieux gérer le SOPK.
  8. Essayez de ne pas vous sentir frustrée si vous ne perdez pas de poids rapidement ou si vous avez déjà essayé de perdre du poids sans succès. Apprendre à choisir et à varier les bons glucides et faire de l’exercice régulièrement aideront !
  9. Restez positive ! Il peut être très difficile d’obtenir des résultats visibles. Le fait de choisir ce qui est bon pour votre corps EST bénéfique, même si vous ne constatez pas de changement majeur quant à votre poids.
  10. Parlez à votre professionnel de la santé de la prise en charge du SOPK. La majorité des jeunes femmes atteintes du SOPK doivent prendre une médication, même si elles s’alimentent bien et font de l’exercice. Si vous avez d’autres questions à propos du SOPK, votre professionnel de la santé vous incitera peut-être à consulter un spécialiste en diététique auprès d’adolescentes atteintes du SOPK.